juin 09, 2006

Les expats


Quand on parle des "expats", cela désigne les français envoyés à l'étranger par leur entreprise. Pour pallier à la difficulté de l'éloignement du pays natal (douce France...), l'entreprise aplanit les tracasseries administratives de son employé, paye les écoles à 10 000 euros par an des enfants, paye le déménagement, paye la maison dans un quartier huppé, paye la voiture de fonction, le Blackberry, etc(Qui ne connaît pas le Blackberry ? Formidable portable, organizer, cellulaire, canadien s'il vous plaît)

Autant vous dire que telle ne fut pas notre situation ! Et quand les premiers français que nous avons rencontrés nous ont demandé d'un air incrédule "comment, vous n'aurez pas de voiture du tout ? Mais comment ferez-vous ?", nous nous sommes dit qu'il y avait une sorte de fossé entre eux et nous. (a huge gap)"Ben, il y a des transports en commun..."

Même impression dans l'association française de la ville, des gens gentils et accueillants mais un peu en décalage avec la réalité de l'immigration. "Ah, alors c'est compliqué d'émigrer au Canada, je ne savais pas" nous a dit un monsieur qui ne savait même pas qu'il y avait une déclaration d'impôts à faire, son entreprise la remplit pour lui !

Beaucoup d'entre vous, et moi-même, ont connu, connaîtront cette vie d'expatrié. Ce fut pour moi un temps de rêve au milieu de l'enfance. Mais vivre dans un pays en voie de développement et vivre dans un pays occidental sont des expériences très différentes. Ici, certaines françaises, mais pas toutes, vivent enfermées dans leur cage dorée, dépendantes d'un mari qui voyage beaucoup, ne connaissant pas un canadien, sachant pertinemment qu'elles ne pourront pas revenir en France sans abandonner ce niveau de vie. Bref, derrière une certaine aisance se cache une vraie détresse.

Alors, nous réalisons doucement que l'argent ne fait pas le bonheur (oh! oh! cela valait le coup de partir pour arriver à cette constatation révolutionnaire !), et que vivre comme des canadiens lambda nous permet de rencontrer des canadiens (non, pas lambda) très accueillants.

Je donne des petits cours dans une famille canadienne géniale, c'est une expérience fantastique, et j'arrive très doucement à créer des liens avec d'autres mamans du quartier, il faut de la patience, beaucoup de patience. La notion de "neighbourhood" et de "community" (quartier et communauté) est importante ici, ce qui permet de petit à petit faire son trou. Alors que dans les quartiers où vivent la plupart des français expatriés, il n'y a pas du tout ce sentiment d'appartenance à une communauté. Je découvre qu'il n'y a pas que le 17ème à Paris et le 6ème à Lyon !!

Dernière touche, la spirituelle, donc la plus importante : notre seule richesse, c'est l'amour de Celui qui s'est donné pour nous...et tout le reste est donné par surcroît !