avril 25, 2006

Au Princess Margaret Hospital, centre anticancéreux de Toronto

Certains de mes fans inconditionnels m’ont demandé de décrire ma vie au Princess Margaret Hospital. Il est difficile pour un être aussi humble que moi d’avouer à quel point mes patrons sont impressionnés par la qualité de mon travail… Bon, j’exagère un petit peu… Pour vous expliquer en gros, je partage mon temps entre la consultation (« the clinic ») et le laboratoire de recherche fondamentale (« the lab »). En consult’, je vois globalement les mêmes patients qu’en France, sauf qu’ils ne parlent pas français et que donc je ne comprends pas toujours leurs maux (leurs mots aussi). Je prescrits des chimiothérapies et je vois des patients en rémission de leur cancer. Les patients payent leurs médicaments eux-mêmes. Les ordonnances sont donc courtes (ami docteur français, prends-en de la graine !). Je fais 1 à 2 gardes par mois tellement horribles que je ne saurai vous les décrire… je «croise» des patients qui sont si malades qu’ils n’ont même plus la force de se plaindre (ami patient français, prends-en de la graine…).
En ce qui concerne la recherche, je travaille sur un modèle de tumeur qui pousse chez de charmantes petites souris à la peau translucide. J’ai la délicate tâche de leur injecter une chimiothérapie et de leur tordre le cou (au sens propre du terme). Ensuite, j’étudie la pénétration de la chimiothérapie au sein de la tumeur, afin de vérifier certaines idées reçues et éventuellement de leur tordre le cou (au sens figuré cette fois-ci, et aux idées pas aux souris, vous suivez là ?). L’ambiance de travail est tout à fait cordiale. Les brainstormings (mot que personne n’utilise ici) sont fréquents et très enrichissants. Et enfin, le café est gratuit, mais ce serait vraiment abuser de nous faire payer pour ce liquide clair insipide, une vraie lavasse.
Voilà quelques indices sur ma vie professionnelle. Je suis réellement content de mon travail. C’est une expérience précieuse.